17

Tout en haut de l’Habitat Haut, loin au-dessus des lumières tentaculaires de Crabtree, Svetlana ruminait les nouvelles, abasourdie. La colonie allait bientôt entrer dans sa treizième année d’existence. L’équipe des analystes venait de traiter les dernières mesures Doppler obtenues, et ces chiffres n’avaient qu’un lointain rapport avec ceux auxquels on s’attendait.

— Il y a forcément une erreur ! s’exclama-t-elle en secouant son vieux flexi comme un torchon humide. Nous sommes à moins de huit semaines de Spica ! Nous ralentissons forcément, bon sang !

— Ce n’est pas le cas, comme tu peux le constater, répliqua Nick Thaïe.

Il était assis en face d’elle, les mains jointes, dans une posture guindée. Leur dernière entrevue remontait à plusieurs mois, et entretemps Thaïe avait pris un sérieux coup de vieux. Plus longs qu’avant, ses cheveux poussaient en couronne sur son crâne dégarni et retombaient en vagues blanches lui donnant l’apparence vaguement simiesque d’un professeur émérite.

Denise Nadis était là elle aussi, avec ses dreadlocks grisonnantes, ses taches de vieillesse sur la peau sombre de ses pommettes et ses rides autour de la bouche, des rides plus profondes que dans les souvenirs de Svetlana. Instinctivement, celle-ci toucha son visage et sentit sous ses doigts des textures étrangères, qu’elle n’avait jamais remarquées auparavant.

Ils vieillissaient tous, même dans le cadre temporel dilaté de Janus.

— Et je peux vraiment me fier à ces chiffres ? insista-t-elle.

— Nous avons du mal à effectuer des mesures sur la face exposée, précisa Thaïe. Faire fonctionner nos appareils malgré les radiations, c’est déjà pas facile, et les sabotages des Symbolistes n’arrangent pas les choses.

— Quels sabotages ? s’étonna Svetlana.

— Ceux des extrémistes de Frida Wolinsky. Depuis que Gregor est mort…

Thaïe haussa les épaules. Il n’avait pas besoin d’en dire davantage.

— Les Symbolistes n’aiment pas beaucoup nos mesures dans la zone bleue. Surtout depuis ce qui est arrivé à Bob Ungless, intervint Nadis.

Robert Ungless avait rédigé une lettre de suicide avant de quitter Crabtree en tracteur pour se rendre de l’autre côté de l’horizon, sur la face exposée de Janus. Dans ses dernières transmissions cohérentes, il avait parlé d’une clarté, et des choses accueillantes et lumineuses qu’il voyait en son sein. Ensuite, les radiations avaient réduit son esprit en bouillie. D’après les Symbolistes, les informations transmises par Ungless étaient de nature divine, et ses ultimes paroles devaient être étudiées en détail comme une révélation.

— Ils pensent que nous commettons une sorte de blasphème, reprit Nadis. Ils ont envoyé les robots de la Gueule interrompre la transmission des données et détruire nos instruments. Bien entendu, ils nient tout en bloc.

— Nous aurions dû les enfermer il y a des années, maugréa Svetlana.

— Nous en avons déjà parlé, grimaça Parry. Nous avons besoin de volontaires pour graisser les rouages dans la Gueule, alors autant que ce soient les Symbolistes. Au moins, ils se consacrent à fond à leur travail.

Svetlana grinça des dents mais n’insista pas.

— Alors, ces mesures ? Vous m’expliquez ? lança-t-elle aux deux autres.

Nadis remua, mal à l’aise.

— Elles sont fiables. Nous avions prévu une certaine marge d’erreur, mais même en l’appliquant nous n’avons décelé aucun changement significatif dans la fréquence de la lumière stellaire. Soit il se passe quelque chose de bizarre dans l’espace-temps devant nous… soit nous ne ralentissons pas.

À cinq g d’accélération effective, Janus avait mis deux mois à atteindre son actuelle vitesse de croisière après son départ du système solaire. Les experts les plus éminents de la colonie n’avaient toujours aucune idée de la façon dont la lune avait accéléré, mais ils avaient supposé que le même mécanisme allait opérer en sens inverse pendant la phase de décélération. Sauf que Janus était déjà entré dans cette fenêtre cruciale de deux mois, et qu’on ne relevait pas le moindre signe de ralentissement. Janus fonçait toujours à travers l’espace, à un cheveu de la vitesse de la lumière.

— Si nous ne ralentissons pas, que va-t-il se passer quand nous atteindrons Spica ? s’inquiéta Svetlana.

— Ce sera à Janus et aux Spicains de jouer, j’imagine, ricana Thaïe.

— Si tu pouvais veiller à rester constructif, Nick, ce serait super, toussota Parry.

Thaïe prit un air interloqué.

— Dans ce cas, je n’ai plus rien à ajouter. Vous avez vu comme nous les images les plus récentes : la structure spicaine se trouve droit devant nous, et son axe a pivoté pour s’aligner sur notre vecteur actuel. Que nous ralentissions ou pas, nous allons entrer dans ce tube.

— Et ensuite, que se passera-t-il ? répéta Svetlana avec insistance. On le traversera à toute vitesse, comme un rat dans une conduite, c’est ça ?

— Aucune idée. Autant lire dans le marc de café.

Nadis se pencha en faisant cliqueter ses ongles pourpres sur la table.

— Le mécanisme de ralentissement est peut-être différent…

— Continue, dit Svetlana, avec un sourire forcé qui se voulait encourageant.

— Janus était tout seul dans notre système solaire. Pour accélérer, il n’a pu compter que sur sa propre force motrice. Nous ne sommes peut-être plus dans le même cas. Peut-être que la structure spicaine fait elle-même partie du système de décélération.

Svetlana reporta vivement son attention sur Thaïe.

— Alors, Nick ? Qu’en penses-tu ?

— Cette hypothèse en vaut une autre.

— Et les aiguilles, alors ? intervint Parry. Vous avez une idée de ce qu’elles viennent faire là-dedans ?

— Non, pas la moindre, répondit Thaïe avec franchise.

— Ça ne peut pas être une coïncidence, pourtant ! insista Paris. À deux mois du ralentissement, ces choses qui se mettent à pousser à travers la glace ? Il y a forcément un lien, vous ne croyez pas ?

Tout en attendant que Nick Thaïe daigne leur faire part de son avis, Svetlana étudia le dernier relevé topographique consacré aux aiguilles. Depuis la découverte des premières percées, dix-neuf objets similaires avaient été répertoriés sur Janus, à une distance plus ou moins égale les uns des autres. Telles des dents de sagesse en pleine poussée, ces énormes structures en forme de pics se frayaient leur chemin dans la croûte en écartant au passage les machines et autres obstacles. Culminant à vingt kilomètres au-dessus de la surface de Janus, avec un pied d’un kilomètre de diamètre, les plus hautes scintillaient de symboles formant de nouveaux motifs syntaxiques qui mettaient à mal les théories les plus convaincantes des linguistes.

Depuis Crabtree, on apercevait deux de ces aiguilles. Elles avaient transpercé la calotte glaciaire et chassé les ténèbres de l’hémisphère des colons, triangles de lumière pastel s’étirant depuis l’horizon comme des aurores congelées. Leur flanc était veiné de traînées de lave sinueuses qui plongeaient à l’intérieur juste sous la pointe. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre, des chargements les escaladaient. D’inimaginables transformations se tramaient sans doute en leur sein.

— Nick ? grinça Svetlana.

— Tu veux des hypothèses ? D’accord, je vais t’en donner, mais ne me les reproche pas plus tard !

— Je ne te reprocherai rien.

— Les deux phénomènes sont très probablement liés, c’est vrai. Janus semble se préparer à quelque chose, peut-être à ce ralentissement que nous attendons tous. Si ces aiguilles font partie du processus, il se peut qu’elles soient censées stopper notre lune en plein élan quand nous atteindrons le tube. Mais si ça se trouve, je me plante complètement.

— Il me faut quelque chose, maugréa Svetlana, excédée.

— De toute façon, nous le saurons tôt ou tard, répliqua Thaïe en haussant les épaules d’un air résigné.

Ils fonçaient vers un tube ajouré, avec traverses, longerons, et une surface interne incroyablement vaste, d’une superficie équivalente à celle d’un million de Terres. Et chacune de ces Terres pouvait héberger facilement plusieurs milliards d’êtres sensibles, si l’idée que les Spicains se faisaient d’une densité de population tolérable ressemblait à celle des humains.

Peut-être qu’aucun Spicain ne les attendait à l’arrivée, d’ailleurs, ou seulement leurs machines antiques et dociles. Et comment les différencier, pour commencer ?

Svetlana sentit un frisson déplaisant la parcourir. Mauvais pressentiment, encore. Elle remercia Thaïe et Nadis, puis les congédia. Elle alla à la fenêtre et se colla au froid stellaire qui semblait enfoncer ses doigts glacés à travers la vitre. Au loin, les aiguilles scintillaient, menaçantes. Muet, Parry attendait. Il ne voulait pas interrompre le cours de ses pensées.

— J’ai peur, dit-elle enfin, comme si elle était seule dans la pièce. J’ai peur, parce que j’ai l’impression horrible que nous nous trompons complètement sur ce qui nous attend.

Elle entendit Parry s’approcher d’elle et vit son pâle reflet se dessiner sur la vitre. Son compagnon passa les bras autour d’elle et la serra très fort contre lui, mais malgré le plaisir qu’elle en retira elle dut se rendre à l’évidence : Parry ne pouvait rien contre le froid et la peur.

 

 

— C’est sympa de votre part de me tenir informé même quand les nouvelles ne sont pas très bonnes, dit Craig Schrope.

Ils se trouvaient dans l’Habitat Haut, et plus exactement dans l’un des bureaux administratifs de l’Autorité Intérimaire. Schrope disposait d’un local pour lui tout seul, une pièce bordée d’étagères en bois croulant sous les dossiers. Il passait la plupart de ses journées ici, à s’occuper des actions en justice menées par l’Appareil Judiciaire. Un travail de solitaire, pour l’essentiel, ce qui lui convenait parfaitement. Malgré ses années de rééducation, son état émotionnel était encore fragile, et il ne se sentait vraiment à l’aise qu’avec un petit nombre de personnes. Comprise dans le lot, Svetlana en tirait une certaine fierté. Tous deux ne seraient sans doute jamais de vrais amis, mais le simple fait d’être en bons termes avec cet homme représentait déjà un progrès stupéfiant.

— Nous ne vous cachons rien, sachez-le. Vous allez en entendre parler, j’en suis sûre, mais nous n’avons pas la moindre idée de ce dont il s’agit…

— Vous lui avez déjà donné un nom ?

— Le Ciel de Fer.

Peu de temps après avoir atteint leur hauteur définitive, les aiguilles s’étaient modifiées à nouveau. Sur trois kilomètres, leurs pointes avaient enflé comme des bourgeons, puis éclaté le long de nervures invisibles, chaque « bourgeon » donnant naissance à six pétales radiaux délimités par de faibles traînées de lave. Indifférents au champ gravitationnel de Janus, les pétales s’étaient écartés du bourgeon, puis s’étaient mis à croître, à s’étaler comme des taches d’huile.

Pendant deux mois, ils avaient progressivement obstrué le firmament au point de se rejoindre et de fusionner. Le ciel avait fini par disparaître derrière ce plafond noir oppressant suspendu vingt kilomètres au-dessus de la glace. Les traînées de lave s’étaient effacées, et malgré les symboles spicains qui illuminaient toujours les aiguilles, ce plafond était aussi sombre que l’espace interstellaire qu’il cachait.

— On peut voir au travers ? s’alarma Schrope en refermant l’un de ses classeurs.

Il contenait des feuilles épaisses fabriquées dans le creuset, et sa reliure avait été prélevée sur un vieux manuel technique à spirales intitulé Abrégé des procédures de démarrage du tokamak Lockheed-Krunichev.

— Quelqu’un vous a dit ça ?

— Ce ne sont que des rumeurs, Svieta.

— Non, nous ne voyons rien. Chaque fois que nous projetons de la lumière là-haut, elle est aussitôt absorbée. S’il y a encore quelque chose de l’autre côté, nous n’en percevons aucun écho.

— Et les robots spatiaux ?

— Silence radio. S’ils sont toujours là, nous ne les entendons plus.

— Ça vous inquiète ?

— Évidemment. Vous vous attendiez à quoi ?

— Moi, je ne vois aucune différence. Dans ce bureau, je passe des journées entières sans contact avec le monde extérieur. Ce travail est vraiment chronophage, vous savez.

Il écarta le classeur. Au sens propre comme au figuré, il venait de clore le dossier Meredith Bagley. Car les fameuses rumeurs avaient resurgi ; et si la mort atroce de Bagley au cours de cette banale réparation de routine n’était pas tout à fait accidentelle ? Scandalisée à l’idée qu’on ose encore insinuer qu’elle l’avait tacitement cautionnée, Svetlana avait demandé à Schrope de reprendre l’enquête. Il était bon à ce petit jeu. Il avait conservé ce flair et cette ténacité qui lui avaient été si utiles à Shalbatana.

Cette mort n’avait rien de suspect, avait déclaré le Fox-Terrier au terme de son enquête. Si les rumeurs persistaient, tant pis. L’Appareil Judiciaire n’y pouvait pas grand-chose.

— Ça ne va pas si mal, voyons. Ce n’est qu’un ciel… la consola Schrope.

— Il ne nous permet pas de le toucher. Il refoule tous les robots que nous lui envoyons !

— Je suis sûr qu’il a à cœur de veiller à nos intérêts. Vous ne croyez pas ?

Son stylo à bille cliquetait bien trop vite.

— Je suis un peu claustrophobe, lui expliqua Svetlana. Dans le temps, je nageais beaucoup. Et j’étais une très bonne plongeuse en apnée. L’eau ne m’a jamais posé de problème, aussi profonde, noire et froide soit-elle. Mais j’ai toujours détesté avoir un truc au-dessus de la tête. Je ne supporte que la mer et un beau ciel dégagé.

— Franchement, ce n’est pas pire que ce que nous avions avant… Ça remonte à quand, la dernière fois que vous avez vu une étoile là-haut, Svetlana ?

— Mais on aurait quand même pu partir, si on avait voulu.

Il reposa le classeur sur l’une des étagères et le poussa entre deux autres documents volumineux. Crabtree n’était qu’une petite colonie de moins de deux cents personnes, mais elle donnait lieu à un nombre considérable de litiges. Rien d’étonnant à cela, pourtant. Pour pouvoir payer ces colons qui travaillaient tous les jours, il avait fallu reconstruire toute une économie à partir de rien. Douze ans après, l’Habitat Haut traitait encore les plaintes de ceux qui s’étaient estimés lésés au moment de l’attribution initiale des crédits. Il existait même une sorte de marché noir. Officiellement, il n’y avait plus de café sur Janus, mais il était encore possible d’en obtenir quelques rations non attribuées jusqu’ici.

— Si nous étions partis, si nous avions quitté le sillage de Janus, son ombre protectrice, nous n’aurions pas tenu plus de cinq minutes, la contra Schrope.

— Mais ça restait une possibilité ! J’aurais bien aimé la conserver, pas vous ?

— À en juger par les affaires que je vois défiler ici, la vie suit son cours exactement comme avant pour la plupart de nos colons.

Il lui désigna l’une de ses étagères.

— Là-bas, au bout, ce dossier, c’est un cas de paternité contestée. Sur Terre, la question aurait été réglée en quelques minutes avec un test ADN. Ce cas ne serait même pas arrivé devant un tribunal. Mais ici, nous n’avons pas de séquenceurs d’ADN. Axford fait du mieux qu’il peut, mais il est surchargé de travail et je ne veux pas l’embêter avec ça. Et je ne vous parle que d’un seul dossier. Nous avons aussi des procédures de divorce, des plaintes pour préjudices corporels, des plaintes en diffamation… Même les Symbolistes ont porté plainte pour discrimination religieuse !

— Ils l’ont inventée de A à Z, leur prétendue religion ! s’indigna Svetlana. J’ai parfaitement le droit de ne pas vouloir la reconnaître !

— Et pourtant, tout le monde admet qu’ils font du bon travail dans la Gueule.

Elle lui concéda ce point avec une moue de déplaisir.

— D’accord, mais pendant combien de temps allons-nous encore pouvoir nous fier à eux ? Ils racontent déjà partout que je les opprime ! Je n’ai même plus le droit d’aller dans la Gueule ! C’est toujours Parry qui y va à ma place !

— Ce que je veux dire, c’est que… bon, la vie continue. Le Ciel de Fer n’est peut-être pas aussi néfaste que vous le pensez.

— Oui, c’est ce que tout le monde me dit. Janus nous fournit toujours de l’énergie et des matériaux, la calotte glaciaire est toujours là… Si nous avons survécu douze ans, nous pouvons bien survivre encore un peu, etc.

Schrope reposa son stylo.

— Vous ne me semblez pas très convaincue.

— Je n’aime pas ça, Craig. Je déteste ne pas savoir ce qui se trouve là-dehors. Nous avons sans doute déjà atteint la structure spicaine, à l’heure où nous parlons.

— Oui, peut-être, lui dit-il d’un ton apaisant, comme si tout cela ne le concernait pas vraiment. Mais rappelez-vous : une étoile binaire est composée de deux astres bleus, brûlants et aveuglants. Ce n’est pas un environnement sain pour des humains. Ce ciel est peut-être censé nous protéger…

— Je l’espère. Mais j’ai peur de ce que nous pourrions découvrir de l’autre côté, si l’occasion nous en était donnée.

Il soupira et se rencogna dans son siège, en croisant les doigts derrière sa tête.

— Vous avez été bonne pour moi, Svetlana. Vous m’avez convaincu de revenir, vous m’avez donné une chance de me ressaisir.

Elle hocha la tête sans rien dire. Schrope était toujours persuadé qu’elle lui avait parlé pendant ses années de repli sur lui-même, l’aidant ainsi à guérir, mais il se trompait. Il lui avait même affirmé avoir reçu une fois la visite de Bella ! On ne pouvait décidément pas se fier aux souvenirs qu’il conservait de cette période.

— J’ose espérer que je sers Crabtree dans la mesure de mes maigres moyens, mais je sais bien que je ne suis pas indispensable. Des tas de gens pourraient faire ce travail aussi bien que moi.

— Je n’en suis pas si…

Il la coupa en secouant la tête.

— Mais j’espère encore le devenir un jour. Indispensable, je veux dire. Je ne vous parle pas de ces paperasses, mais de quelque chose de concret. Quelque chose que je serai le seul à pouvoir accomplir.

— Je ne vous suis pas…

— Vous avez peur et je ne vous en blâme pas, mais j’ai séjourné en esprit dans un lieu bien pire que tout ce que l’univers a à nous offrir. S’ils viennent, j’irai à leur rencontre, Svetlana. Je veux être le premier. Je n’ai rien à craindre des Spicains.

— Craig…

— Je veux être votre ambassadeur. C’est le moins que je puisse faire.

 

Janus
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